À deux mois de l’élection présidentielle de 2026, Amnesty International Bénin et une quinzaine d’organisations de la société civile haussent le ton. Réunis à Cotonou, mercredi 28 janvier, les défenseurs des droits humains ont présenté un manifeste appelant l’ensemble des candidats à prendre des engagements clairs et contraignants en faveur du respect des libertés fondamentales.
Le document dresse un tableau préoccupant de la situation des droits humains dans le pays. Selon Amnesty International Bénin, l’espace civique s’est considérablement réduit ces dernières années. Son directeur, Dieudonné Dangbéto, évoque notamment des vagues d’arrestations, la suspension de médias, la surpopulation carcérale, des détentions jugées arbitraires visant des figures de l’opposition, ainsi que des restrictions aux droits de grève et de manifestation.
Face à ces constats, le manifeste formule une série de recommandations. Les organisations signataires demandent en priorité la garantie effective des libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique. Elles plaident également pour une amélioration des conditions de détention, l’ouverture d’enquêtes sur les allégations de torture et de mauvais traitements, ainsi qu’un recours strictement encadré à la détention provisoire, qui ne devrait intervenir qu’en dernier ressort.
Le texte s’attarde aussi sur le code du numérique. Il appelle à la révision d’un article criminalisant la diffusion de fausses informations et le harcèlement en ligne, une disposition qui a conduit à des poursuites contre plusieurs activistes devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme. Pour Emmanuel Lokonon, de l’Association des blogueurs béninois, cette législation fragilise la liberté de la presse et restreint indûment la liberté d’expression.
Le manifeste sera transmis aux 109 députés ainsi qu’aux candidats à la présidentielle, avec l’objectif d’en faire un enjeu central du débat politique.
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