Réunis à Addis-Abeba pour le 39e sommet de l’Union africaine, les dirigeants africains ont affiché leur volonté de renforcer le pilotage continental des crises en République démocratique du Congo et au Sahel.
Le président en exercice de l’UA, Évariste Ndayishimiye, a souligné que l’instabilité dans l’est congolais repose à la fois sur les tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali et sur l’activisme de groupes armés locaux. Il a salué le cessez-le-feu conclu à Washington, tout en estimant que sa crédibilité dépendra de mesures concrètes : retrait de forces étrangères, mécanisme d’interposition et programmes de désarmement, démobilisation et réintégration pour sécuriser les civils.
Le chef de l’État burundais a également mentionné les discussions intercongolaises menées à Doha, encouragées par le président Félix Tshisekedi, comme une étape vers une décrispation politique interne.
De son côté, le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a détaillé un dispositif de médiation désormais coordonné par l’organisation continentale. Placé sous l’égide du président togolais Faure Gnassingbé, il s’appuie sur plusieurs anciens dirigeants africains mobilisés comme facilitateurs. L’objectif affiché est clair : éviter que la gestion du conflit ne repose exclusivement sur des acteurs extérieurs.
Concernant le Sahel — notamment le Mali, le Burkina Faso et le Niger — Ndayishimiye a décrit une menace terroriste transfrontalière exigeant une solidarité accrue entre États, excluant toute négociation avec les groupes armés jihadistes. L’UA, tout en maintenant son opposition aux changements anticonstitutionnels, entend dialoguer avec les autorités de transition et travaille à une plateforme régionale élargie pour coordonner la riposte sécuritaire et favoriser un retour à l’ordre constitutionnel.
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