Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a annoncé, le 3 avril 2026, une restriction drastique des déplacements à l’étranger des membres du gouvernement, dans un contexte de fortes contraintes budgétaires. « Aucun ministre ne bougera du pays », sauf pour des missions jugées essentielles, a-t-il déclaré.
Cette décision s’inscrit dans une politique d’austérité visant à rationaliser les dépenses publiques, alors que le Sénégal fait face à une dette estimée à environ 132 % du PIB. Elle intervient également dans un contexte international marqué par la hausse des prix du pétrole liée aux tensions au Moyen-Orient.
Le chef du gouvernement a lui-même donné l’exemple en annulant plusieurs déplacements prévus en avril, notamment au Niger, en Espagne et en France, où il devait également participer à une activité politique de son parti.
L’objectif affiché est de réduire le train de vie de l’État et d’anticiper d’éventuels chocs économiques. « Des situations extrêmement difficiles nous attendent », a averti le Premier ministre, laissant entendre que d’autres mesures pourraient suivre, notamment dans le secteur de l’énergie.
Cette orientation suscite toutefois des réactions contrastées. Le député d’opposition Pape Djibril Fall critique une décision qu’il juge contre-productive, estimant qu’elle risque d’affaiblir la diplomatie sénégalaise et la capacité du pays à négocier avec ses partenaires internationaux.
À l’inverse, des voix au sein de la majorité défendent une mesure « responsable » et adaptée à la conjoncture. Le député Guy Marius Sagna y voit un signal fort adressé aux citoyens, appelés eux aussi à faire preuve de sobriété.
Dans un contexte économique tendu, cette décision marque une nouvelle étape dans la stratégie de rigueur engagée par les autorités sénégalaises.
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