La Cour pénale spéciale a officialisé l’ouverture, le 16 juin prochain, d’un procès très attendu visant François Bozizé. L’ex-chef de l’État centrafricain, renversé en 2013, est poursuivi pour crimes contre l’humanité dans le cadre de l’affaire dite de Bossembélé, liée à des exactions présumées commises entre 2009 et 2013.
Selon l’accusation, des actes de torture, des meurtres et d’autres violations graves des droits humains auraient été perpétrés au centre d’instruction militaire de Bossembélé, situé à environ 150 kilomètres de Bangui. Ces crimes auraient été commis par des éléments de la garde présidentielle alors que François Bozizé était au pouvoir.
Créée en 2018, la Cour pénale spéciale a pour mission de juger les auteurs présumés de crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en République centrafricaine depuis 2003. Ce procès constituera sa sixième affaire portée devant les juges, mais l’une des plus symboliques en raison du rang de l’accusé principal.
Visé par un mandat d’arrêt international depuis avril 2024, François Bozizé vit actuellement en exil en Guinée-Bissau. La Cour a précisé qu’il dispose encore de vingt jours pour se présenter volontairement. En cas d’absence, il pourrait être jugé par contumace.
Trois anciens hauts responsables militaires comparaîtront également : Eugène Barret Ngaïkosset, Vianney Semndiro et Firmin Junior Danboy, déjà placés en détention préventive.
Au-delà du sort des accusés, ce procès est perçu comme un test majeur pour la justice centrafricaine et pour la lutte contre l’impunité dans un pays marqué par des décennies de violences politiques et armées.
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