France-Rwanda : L’heure du rapprochement

Hier, le président rwandais Paul Kagamé a entamé une visite à Paris de trois jours, la première depuis le génocide de 1994. Après avoir rencontré la diaspora le jour même, il débute ce lundi le volet officiel de son périple placé sous le signe de la réconciliation entre les deux pays.

Entre la France et le Rwanda, c’est deux décennies de tensions. D’antan, l’Hexagone soutenait le régime de Juvénal Habyarimana, que le Front Patriotique Rwandais (FPR) de Kagamé combattait. Après la mort de l’ancien fort rwandais en 1994, l’opération «Turquoise », menée par des militaires français officiellement pour des raisons humanitaires, envenimait des rapports déjà difficiles, le FPR estimant qu’elle visait à protéger les génocidaires. La suite n’a été que rapports sur rapports, chacune des parties voulant tirer la couverture de son côté, pour aboutir à une rupture diplomatique en 2006. A cette date, un juge français accusait le FPR du meurtre du président Habyarimana, fait amorçant le génocide ; une allégation rejetée par Kigali qui, deux ans après, répondait en accusant la France de s’être impliquée dans des crimes durant le génocide.

Depuis, le président français Nicolas Sarkozy a fait du rapprochement entre les deux pays une priorité. Ainsi, les relations diplomatiques se sont rétablies fin 2009 et, en février 2010, le chef d’Etat français a effectué une visite officielle à Kigali, lors de laquelle il a reconnu « une forme d’aveuglement » du fait que la France n’ait pas « vu la dimension génocidaire » du régime d’Habyarimana. Des propos bien accueillis par Kagamé qui répond à cette main tendue par cette visite. Néanmoins, il est de plus en plus difficile pour le Rwanda d’ignorer la France. En effet, Kigali, qui s’éloigne de ces soutiens américains et anglais, voit en Paris un allié de choix vu son influence en Europe comme en Afrique. En plus, le Rwanda veut se servir de ce tremplin pour faire la promotion de son économie : politique volontariste de développement économique, 7 % de croissance, quatrième pays africain le plus attrayant en affaires seront des arguments éloquents devant le patronat français dans une rencontre prévue mardi.

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Georges Fitzpatrick a été analyste financier, puis journaliste spécialisé dans les marchés émergents pendant plus de 20 ans, il a officié à Wall Street dans plusieurs banques d’affaires de la place New Yorkaise

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