Amnesty International accuse les Emirats Arabes de crimes de guerre commis au Yémen

L’organisation de défense des droits de l’Homme Amnesty International a publié hier jeudi un rapport dans lequel elle évoque «des disparitions forcées, des tortures et autres mauvais traitements» dans des prisons secrètes gérées par les Emirats arabes unis dans le sud du Yémen.

Dans son rapport intitulé «Dieu seul sait s’il est vivant», Amnesty dénonce des violations flagrantes commises au Yémen qu’elle assimile à des «crimes de guerre».

Amnesty International dit avoir enquêté entre mars 2016 et mai 2018 sur les cas de 51 hommes arrêtés et détenus dans une prison du sud du Yémen par les militaires des émiratis et yéménites et que «19 de ces hommes sont portés disparus».

L’ONG en appelle aux partenaires des Emirats arabes unis dans le domaine du contre-terrorisme, dont les Etats-Unis à prendre position contre les tortures présumées, et demande une enquête sur le rôle du personnel américain dans les abus liés à ces détentions au Yémen et de s’abstenir d’utiliser des informations obtenues probablement sous la torture ou les mauvais traitements.

En juin 2017, l’agence de presse AP révélait l’existence au Yémen d’au moins 18 sites de détention relevant des Emirats arabes unis, alliés de l’Arabie saoudite et des Etats-Unis, ou des forces yéménites, dans le cadre de la coalition arabe qui intervient militairement au Yémen contre les rebelles chiites houthis. L’agence AP avait déjà relaté à l’époque des cas de disparitions et de torture.

Amnesty International ainsi que l’ONG Human Rights Watch avaient renchéri en affirmant que les Emirats arabes unis administraient au moins deux «structures de détention informelles» au Yémen.

Les Emirats arabes unis nient la gestion ou l’encadrement des prisons secrètes dans le sud du Yémen, soulignant que les prisons dans ce pays sont encadrées par les autorités yéménites et leur gestion est assurée par les institutions gouvernementales locales, accusant au passage les auteurs du rapport d’Amnesty International d’avoir des motivations politiques derrières ces accusations.

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