Bénin : les licenciements à la télévision publique déclenchent une fronde syndicale

Au Bénin, le licenciement de 169 employés de la Société de Radio et Télévision du Bénin (SRTB) provoque une vive polémique et relance le débat sur la réforme de l’audiovisuel public. Cette vague de départs, officialisée le 13 mai, intervient dans le cadre du programme de modernisation engagé après la transformation de l’ORTB en SRTB en novembre 2023.

La direction de la SRTB justifie cette décision par la nécessité de restructurer l’entreprise afin d’améliorer ses performances. Un audit des compétences a été réalisé et accompagné d’un plan social censé adapter les effectifs aux nouvelles ambitions de la société publique.

Mais les syndicats dénoncent une procédure menée dans la précipitation et sans véritable concertation. Selon les représentants des travailleurs, les discussions engagées avec la direction n’ont jamais abouti à la mise en place du cadre de dialogue promis. Ils accusent également les autorités du travail d’avoir validé les licenciements malgré leurs réserves et leurs protestations répétées.

Les 169 agents concernés proviennent de plusieurs services stratégiques, notamment les rédactions radio et télévision, les finances, les ressources humaines ou encore la communication. Beaucoup affirment avoir appris leur licenciement sans préavis, provoquant un profond choc au sein des familles concernées.

Le Syndicat des travailleurs de l’audiovisuel public réclame désormais le paiement rapide des droits et indemnités des agents licenciés. Il demande aussi un contre-audit afin de réexaminer les critères utilisés pour sélectionner les employés remerciés. Pour les responsables syndicaux, il paraît difficilement crédible qu’un nombre aussi important d’agents soit jugé incompétent.

La controverse dépasse désormais le cadre de la SRTB. Plusieurs organisations professionnelles des médias béninois dénoncent des licenciements abusifs et alertent sur les conséquences sociales d’une réforme jugée brutale dans un contexte économique déjà fragile.

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