Au Sénégal, l’Assemblée nationale a adopté lundi 28 avril une réforme controversée du code électoral, alimentant un vif débat entre la majorité et l’opposition. Le texte, soutenu par les députés du parti au pouvoir Pastef, a été approuvé par 128 voix contre 11.
La loi modifie les articles L29 et L30 relatifs aux conditions d’inéligibilité des candidats. Désormais, les condamnations liées à des délits d’opinion, notamment la diffamation ou la diffusion de fausses nouvelles, ne pourront plus empêcher une personne de briguer un mandat électif. Seules certaines infractions graves, comme la corruption, le détournement de deniers publics ou encore le blanchiment de capitaux, resteront des motifs d’inéligibilité.
Le texte supprime également l’article L30, qui prévoyait l’exclusion automatique de toute personne condamnée à une amende supérieure à 200 000 francs CFA.
Pour les partisans de la réforme, il s’agit de corriger des dispositions jugées injustes et de mettre fin à l’utilisation de procédures judiciaires pour écarter des adversaires politiques.
L’opposition dénonce, de son côté, une réforme adoptée sans véritable concertation. Elle critique surtout le principe de rétroactivité inclus dans le texte, estimant qu’il remet en cause des décisions de justice déjà rendues.
Ses détracteurs soupçonnent la majorité de vouloir sécuriser une éventuelle candidature du Premier ministre Ousmane Sonko à la présidentielle de 2029. L’opposition prévoit de saisir le Conseil constitutionnel du Sénégal pour contester cette réforme.
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