L’Iran attaque l’Arabie saoudite sur sa gestion des lieux saints

A une semaine du grand pèlerinage à La Mecque, le guide suprême iranien l’ayatollah Ali Khamenei a remis en cause le mode de gestion par l’Arabie saoudite des lieux saints de l’Islam.

Les tensions dans les relations entre ces deux puissances paralysent une région en proie à de nombreux conflits, la privant de négociations pourtant indispensables.

Ali Khamenei a qualifié la nature des dirigeants saoudiens d’«irrévérencieuse, non croyante et dépendante » et a appelé les Musulmans à « réfléchir sérieusement à la gestion des lieux saints» sous peine de voir le monde musulman «confronté à des problèmes plus grands».

Alors qu’ils étaient 60.000 l’an dernier, les Iraniens ne pourront pas effectuer leur pèlerinage à la Mecque cette année. Cette décision avait été annoncée en mai dernier par Ali Janati, le ministre iranien de la Culture et de l’Orientation islamique. Elle avait été prise après deux séries de négociations sans résultats avec les autorités de Ryad, sur les moyens à mettre en œuvre pour éviter qu’une catastrophe de l’ampleur de la bousculade de l’an dernier, ne se reproduise. Pour les autorités iraniennes, l’échec de ces négociations réside dans les entraves des Saoudiens.

Le 24 septembre 2015, lors de la fête de l’Aïd Al-Adha, une gigantesque bousculade s’était produite aux abords d’un pont étroit qui relie deux falaises sur lequel les pèlerins doivent passer pour jeter des pierres sur une stèle représentant le diable. La catastrophe avait fait 2 300 morts, dont 464 Iraniens.

Ce différend sur le pèlerinage à La Mecque n’est que la dernière illustration des relations exécrables entre l’Arabie saoudite et l’Iran. Le royaume wahhabite n’entretient plus de relation diplomatiques  avec la République islamique d’Iran depuis que son ambassade à Téhéran a été attaqué le 2 janvier dernier par des manifestants iraniens qui protestaient contre l’exécution de l’imam chiite Nimr Baqr al-Nimr. Cette situation se ressent sur la gestion des nombreuses crises de la région, de la Syrie au Yémen, en passant par l’Irak.

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Georges Fitzpatrick a été analyste financier, puis journaliste spécialisé dans les marchés émergents pendant plus de 20 ans, il a officié à Wall Street dans plusieurs banques d’affaires de la place New Yorkaise

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