Pas de visa pour le dalaï lama

Invité en Afrique du Sud à participer aux festivités qui auront lieu le 7 octobre au Cap à l’occasion des 80 ans de Desmond Tutu, le dalaï lama a été contraint d’annuler ce périple, les autorités sud-africaines ne lui ayant pas accordé de visa et, ce, sans raison officielle. De quoi faire sortir de leurs gonds l’archevêque anglican et l’opposition de la nation arc-en-ciel.

A vrai dire, le prix Nobel de la paix 1984 le pressentait. « Je pense que mon cadeau d’anniversaire va  être : pas de dalaï lama », déclarait-t-il, la semaine dernière, dans les colonnes de l’hebdomadaire Mail&Guardian. En effet, la proximité diplomatique et commerciale (plus 16 milliards de dollars américains d’échanges en 2009) entre Pékin et Prétoria mettait à mal la visite du chef spirituel asiatique, considéré comme le leader de la résistance tibétaine à l’autorité de la Chine. Celle-ci n’hésite donc pas à peser de tout son poids pour contrecarrer, autant qu’elle le peut, les voyages du dalaï lama à l’étranger. Et, cette stratégie semble bien marcher avec l’Afrique du Sud, qui a déjà refusé un visa à « Sa Sainteté » en 2009.

En tout cas, les tracasseries de l’administration sud-africaine à l’endroit du dalaï lama, également prix Nobel de la paix en 1989,  n’ont pas du tout plu à Desmond Tutu. « Notre gouvernement est pire que le gouvernement de l’apartheid, parce qu’au moins à l’époque, on pouvait s’y attendre », fulminait le symbole de la lutte anti-apartheid, avant d’ajouter, « clairement, qu’ils l’avouent ou non, ils étaient déterminés à ne rien faire qui pourrait fâcher les Chinois». L’opposition, également, n’a pas loupé cette occasion en or : « en retardant sa décision, (le gouvernement, NDLR) a fait son choix. Il a permis à la Chine de lui dicter sa politique étrangère », a lancé Stevens Mokgalapa de l’Alliance Démocratique.

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