L’Europe redoute la montée de l’immigration clandestine

Contrairement au souhait de l’actuelle présidence hongroise de l’Union Européenne, la Roumanie et la Bulgarie n’intégreront pas l’espace Schengen de si tôt. Suite, notamment, à des réserves émises par certains pays membres (France, Pays-Bas, Allemagne et Finlande), les 26 se sont convenus de décider de cette adhésion en septembre prochain à l’issue d’une réunion des Ministres européens de l’Intérieur au Luxembourg la semaine dernière. Un report qui pourrait avoir un lien avec la question de l’immigration clandestine, à en croire, les récents propos de Jean-Dominique Nollet, chef de l’unité d’analyses d’Europol, tenus à l’occasion d’une conférence sur l’espace Schengen à Sofia.

« L’accession possible de la Roumanie et la Bulgarie à la zone Schengen… risque d’augmenter la pression sur la frontière gréco-turque et la côte bulgare de la mer Noire risque de devenir une cible de l’immigration clandestine » a-t-il déclaré ; avant de continuer en étayant sa thèse, faisant ainsi allusion aux criminels albanophones, turcs et issus de l’ex-Union Soviétique, lesquels « pourraient exploiter » l’intégration de Sofia et Bucarest à l’Union Européenne et, surtout, « la levée des visas pour les pays des Balkans occidentaux ». D’après un rapport d’Europol, la région des Balkans a connu la plus forte expansion du crime organisé en Europe durant ces dernières années : trafics (êtres humains, stupéfiants, etc), contrebande,… Une caractéristique qui met à mal tous les efforts des gouvernements bulgare et roumain pour intégrer l’Europe. A cela se greffe des problèmes internes aux deux pays portant sur l’administration frontalière : selon une étude menée par un centre de recherche à Sofia, la police frontalière et les services douaniers, tant en Bulgarie qu’en Roumanie, ne collaborent pas étroitement à cause de « méfiance et soupçons mutuels de liens avec la criminalité organisée ».

La question de l’immigration clandestine est très sensible en Europe. Celle-ci ne tolérera pas une adhésion qui va plus l’exposer à cet envahissement. Surtout que la thématique refait surface avec le cas de l’île de Lampedusa en Italie par laquelle des milliers de clandestins essayent de gagner l’Europe depuis le début de l’année.

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