Le Qatar lâche la Syrie

Sans trompettes ni fanfares, le Qatar, jusqu’alors un des plus fidèles alliés et partenaire économique privilégié de la Syrie, vient de retirer son soutien au régime de Bachar Al-Assad. Ce retrait s’est symbolisé lundi dernier par le gel des travaux de l’ambassade qatarie à Damas sans détermination de la date de leur reprise et un rappel sans explication de l’ambassadeur qatari à Doha.

Ce qui semble n’être qu’une brouille temporaire pourrait bien se révéler définitif. La raison du revirement politique du Qatar vis-à-vis de la Syrie tient en plusieurs points. Tout d’abord sur la question palestinienne. Le Qatar, qui est un important bailleur de fonds pour le Hamas, passait par la Syrie pour ces différentes interventions. La réconciliation entre le Hamas et le Fatah ainsi que la réouverture du terminal de Rafah ont réduit l’importance de la Syrie en tant qu’intermédiaire pour le Qatar. Ensuite, selon les experts, après la chute du régime du président Moubarak, le Qatar souhaiterait se rapprocher de l’Arabie Saoudite, un autre centre du sunnisme dans le monde arabe, alors que la Syrie est quant à elle, le principal et unique allié arabe de l’Iran chiite.

Après la contestation interne qui se poursuit, les pressions exercées par la communauté internationale suite à la violence de la répression, le retrait du soutien qatari affaiblit un peu plus le régime de Bachar Al-Assad qui se retrouve de plus en plus isolé sur la scène internationale.

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Georges Fitzpatrick a été analyste financier, puis journaliste spécialisé dans les marchés émergents pendant plus de 20 ans, il a officié à Wall Street dans plusieurs banques d’affaires de la place New Yorkaise

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