En Centrafrique, le Conseil constitutionnel a validé en début de semaine la réélection de Faustin-Archange Touadéra, ouvrant la voie à un troisième mandat présidentiel. Malgré les recours et contestations de son principal opposant, Anicet-Georges Dologuélé, la décision confirme l’entrée du chef de l’État dans un nouveau septennat, rendu possible par la Constitution adoptée en 2023.
Si le président met régulièrement en avant les progrès enregistrés ces dernières années, les défis restent considérables, en particulier sur le plan sécuritaire. « La priorité est de consolider les acquis récents », souligne Charles Bouessel, chercheur à l’International Crisis Group. Touadéra s’appuie notamment sur des accords signés avec plusieurs groupes armés en 2025, dont la durabilité reste incertaine au regard des échecs passés.
La situation demeure instable dans plusieurs régions, notamment dans le Haut-Mbomou, au sud-est du pays. Dans cette province, les civils continuent de subir des violences attribuées aussi bien à la milice AAKG qu’à des mercenaires russes. Le nouveau mandat pourrait également être marqué par une évolution des partenariats sécuritaires, Moscou souhaitant remplacer le groupe Wagner par Africa Corps.
À moyen terme, les autorités devront aussi relever le défi de la réforme des forces armées. La mise en place d’une armée professionnelle, mieux financée et représentative, apparaît essentielle, tout comme le renforcement de la coopération avec les pays voisins et le redéploiement de l’État dans les provinces, confrontées à la criminalité et aux conflits liés aux ressources.
À Bangui, l’inquiétude porte enfin sur l’avenir de la Minusca. Les restrictions budgétaires annoncées, combinées au recul de l’aide internationale, pourraient aggraver une situation sociale déjà fragile dans un pays où plus de 70 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.
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