Mali : la justice confirme la condamnation de l’ancien chef du gouvernement Moussa Mara

La Cour d’appel de Bamako a confirmé, lundi, la condamnation de l’ancien Premier ministre malien Moussa Mara à deux ans de prison, dont un an ferme, assortis d’une amende de 500 000 francs CFA. Déjà incarcéré depuis le 1er août, l’ex-chef du gouvernement reste poursuivi pour « atteinte au crédit de l’État » et « opposition à l’autorité légitime », en lien avec un message publié sur les réseaux sociaux dans lequel il appelait à se « battre par tous les moyens » pour mettre fin à « la nuit » politique.

La défense a vivement dénoncé cette décision judiciaire. L’un de ses avocats a évoqué un verdict marqué par « l’acharnement », annonçant un pourvoi en cassation. Le collectif d’avocats, dirigé par Me Mountaga Tall, estime qu’aucun élément tangible ne prouve l’existence d’une infraction et considère la condamnation comme une restriction grave de la liberté d’expression.

Présent lors du délibéré, Moussa Mara serait resté calme, selon ses proches, qui affirment qu’il s’attendait à cette issue. Des membres de son entourage politique, notamment de l’ancien parti Yelema aujourd’hui dissous, affirment qu’il demeure déterminé à poursuivre son engagement en faveur des libertés publiques.

Plusieurs voix critiques se sont élevées contre ce jugement. Pour Me Mamadou Ismaila Konaté, la décision soulève des inquiétudes quant à la criminalisation des opinions politiques et au recul du débat démocratique. De son côté, Amnesty International, par la voix du chercheur Ousmane Diallo, a dénoncé une condamnation jugée préoccupante pour l’État de droit et la protection des droits fondamentaux au Mali, estimant qu’elle traduit une volonté croissante de restreindre les voix dissidentes.

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