Cameroun : le Parlement valide la création d’un poste de vice-président

Réunis en Congrès le 4 avril 2026 à Yaoundé, les parlementaires camerounais ont adopté une révision constitutionnelle majeure instaurant un poste de vice-président. Le texte a été approuvé par 200 voix contre 18, avec 4 bulletins nuls, en moins de trente minutes de scrutin.

Cette réforme vise à encadrer la succession présidentielle et à renforcer la continuité de l’État, selon les autorités. Défendu par le gouvernement, le projet a été présenté comme un moyen d’améliorer la gestion des transitions au sommet du pouvoir et de stabiliser les périodes électorales.

Cependant, les débats ont révélé de vives tensions. Plusieurs voix de l’opposition ont dénoncé une réforme taillée sur mesure pour le pouvoir en place. La députée du PCRN, Ngo Issi, a critiqué l’instauration d’un « dauphin administratif », tandis que le député Jean Michel Nintcheu a évoqué un « coup d’État constitutionnel », estimant que cette disposition pourrait permettre une succession sans passage par les urnes.

Le président du MRC, Maurice Kamto, a également fustigé une « capture institutionnelle du pouvoir », accusant le parti au pouvoir de chercher à pérenniser son emprise sur l’État.

Des critiques relayées par la société civile, qui déplore un manque de clarté sur les attributions du futur vice-président et redoute une instrumentalisation politique de cette fonction.

À l’inverse, les responsables du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) défendent une réforme conforme aux engagements internationaux du pays, notamment au sein de l’Union africaine. Pour eux, ce changement constitutionnel doit garantir une transition présidentielle plus prévisible et renforcer la stabilité institutionnelle.

Malgré son adoption, cette révision continue de susciter un débat politique intense au Cameroun.

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