Tchad : le pouvoir ferme la porte à un gouvernement d’union nationale

Au Tchad, les autorités ont clairement écarté l’idée d’un gouvernement d’union nationale proposée par Succès Masra après sa libération. Gracié le 14 août par le président Mahamat Idriss Déby, l’ancien Premier ministre avait plaidé pour une nouvelle phase de dialogue politique et la formation d’un exécutif rassemblant différentes forces du pays.

Mais pour le gouvernement, cette hypothèse n’est « pas du tout à l’ordre du jour ». Le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, Gassim Cherif Mahamat, a rappelé que le président avait renouvelé sa confiance au Premier ministre Allamaye Halina et à son équipe.

Selon lui, la grâce accordée à Succès Masra et à huit autres responsables politiques s’inscrit avant tout dans une volonté de décrispation et de réconciliation nationale, sans pour autant remettre en cause l’architecture actuelle du pouvoir. Le gouvernement entend poursuivre le programme sur lequel Mahamat Idriss Déby a été élu.

Gassim Cherif Mahamat a toutefois assuré que Succès Masra restait un interlocuteur politique, au même titre que les autres acteurs de l’opposition. Il a néanmoins contesté son statut de principal chef de l’opposition, rappelant que Pahimi Padacké Albert occupe officiellement cette fonction.

La question d’une éventuelle amnistie reste, en revanche, ouverte. Contrairement à une amnistie, la grâce présidentielle libère les condamnés sans effacer leur condamnation, laissant notamment Succès Masra inéligible.

Interrogé également sur le retrait annoncé du Tchad de la CPI, le ministre a invoqué une volonté de souveraineté et dénoncé une justice internationale jugée défavorable à l’Afrique. N’Djamena entend désormais privilégier le renforcement de sa justice nationale et des mécanismes judiciaires africains.

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