Au Bénin, avant même la proclamation des résultats définitifs des élections législatives du 11 janvier 2026, la configuration annoncée du futur Parlement suscite de vives réactions. Les chiffres provisoires publiés par la Commission électorale nationale autonome (Cena) laissent entrevoir une Assemblée nationale exclusivement composée de partis proches du pouvoir, relançant le débat sur un possible « Parlement monocolore ».
Selon ces résultats provisoires, aucun siège n’est attribué aux Démocrates, principal parti d’opposition, ni aux Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE). Les 109 sièges de la prochaine législature seraient ainsi répartis entre le Bloc républicain (BR) et l’Union progressiste le renouveau (UP-R), deux formations soutenant le président Patrice Talon. Une situation qui rappelle le scrutin de 2019, déjà marqué par l’absence de l’opposition au Parlement.
Dans l’attente des résultats définitifs, plusieurs voix s’élèvent. Nadine Okoumassou, candidate des Démocrates, a dénoncé sur un média local une Assemblée « sans contre-pouvoir », estimant qu’un Parlement composé uniquement d’élus de la majorité ne peut exercer un contrôle effectif sur l’action gouvernementale. « L’Assemblée nationale ne doit pas être une simple caisse de résonance », a-t-elle affirmé.
Dans les rues de Cotonou, les avis sont partagés. Certains citoyens jugent que les règles électorales s’imposaient à tous et qu’il faut accepter les résultats provisoires. D’autres s’inquiètent d’un déséquilibre institutionnel, craignant l’adoption de lois sans véritable débat contradictoire.
Malgré ces divergences, de nombreux Béninois expriment une attente commune : voir la future Assemblée défendre l’intérêt général et jouer pleinement son rôle de contrôle. La Cour constitutionnelle doit proclamer les résultats définitifs ce lundi à la mi-journée.
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