À Madagascar, les autorités ont amorcé mercredi 3 mars une vaste démarche de refonte de la police nationale, confrontée à une crise de confiance persistante auprès de la population. À Antananarivo, un mois de consultations nationales a été officiellement lancé afin de repenser l’institution sur la période 2026-2036 et l’adapter aux défis contemporains tels que la cybercriminalité ou la lutte contre les trafics transnationaux.
Cette initiative s’inscrit dans un effort plus large de restructuration de l’appareil d’État depuis l’avènement du colonel Michaël Randrianirina à la tête de la transition politique en octobre 2025 après un changement de régime. Lors de l’ouverture des travaux, le chef de la Refondation de la République a encouragé les forces de police à devenir un « pilier de la stabilité interne », appelant à des réformes profondes pour restaurer la confiance dans l’institution. La hiérarchie policière elle-même met en avant la nécessité d’adapter les services aux menaces actuelles et de lutter contre les comportements déviants, notamment le racket routier, qui ternissent l’image de la police. Pour autant, cette ambition est accueillie avec scepticisme par les collectifs d’usagers, qui jugent le mal profond et structurel. Ces observateurs dénoncent une institution longtemps perçue comme au service du pouvoir, où des agents précarisés auraient transformé certaines pratiques illégales en mode de survie. Selon eux, « le changement ne se décrète pas », mais doit s’accompagner d’une lutte résolue contre l’impunité si l’on veut réellement transformer la relation entre la police et la population.
Ce chantier de refondation intervient alors que Madagascar figure parmi les pays les moins bien classés au monde en matière de sécurité et de confiance envers sa police, selon le dernier Global Safety Report, aux côtés de nations comme le Venezuela et la République démocratique du Congo.
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