Au Cameroun, l’adoption d’une réforme controversée du code électoral a été reportée à la dernière minute par l’Assemblée nationale, alors qu’elle était initialement attendue le 31 mars 2026. La plénière consacrée à ce texte a été renvoyée à une date ultérieure, sans calendrier précis.
Le projet de loi en question vise à modifier l’article 170 afin de permettre un allongement sans limite explicite des mandats des conseillers municipaux. Une disposition qui suscite de vifs débats dans la classe politique et au sein même du Parlement.
Officiellement, aucune explication claire n’a été donnée. Selon Essomba Bengono, ce report serait lié à l’indisponibilité du ministre de l’Administration territoriale, chargé de défendre le texte. D’autres sources évoquent plutôt un retard dans la finalisation du rapport de la commission des Lois constitutionnelles.
Mais pour l’opposition, les raisons sont ailleurs. Le député Cabral Libii affirme que les désaccords portent sur les amendements proposés par le gouvernement. En particulier, une mesure permettant au président de la République de proroger ou d’abréger, par décret, les mandats municipaux sans limitation de durée suscite de fortes réserves.
Cette disposition est jugée préoccupante par certains élus, y compris au sein de la majorité, qui y voient un risque de concentration excessive du pouvoir exécutif. Des voix critiques redoutent qu’elle n’ouvre la voie à des prorogations indéfinies des mandats locaux.
Ce report inattendu met en lumière des tensions politiques autour d’une réforme pourtant présentée comme technique, mais dont les implications institutionnelles pourraient être majeures.
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