En République centrafricaine, la tension monte au sein de l’Autorité nationale des élections (ANE), dont les agents menacent de déclencher une grève à quelques jours d’échéances électorales cruciales. En cause : deux mois d’arriérés de salaires qui plongent le personnel dans une situation sociale critique.
Depuis février, de nombreux agents affirment travailler sans rémunération, une situation devenue intenable. Certains peinent à subvenir aux besoins de leurs familles, tandis que d’autres évoquent des difficultés à payer loyers et frais scolaires. Ce malaise social commence à affecter directement le fonctionnement de l’institution chargée d’organiser les scrutins.
Cette crise intervient à l’approche du second tour des législatives et des régionales, couplé à des élections partielles, prévu le 26 avril. Plusieurs agents préviennent : sans paiement rapide de leurs salaires, l’organisation du vote pourrait être compromise. Déjà, une partie du personnel refuse de se déployer dans les régions concernées.
Sur le terrain, les opérations logistiques se poursuivent toutefois, avec l’appui du gouvernement et de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca). Mais ces efforts pourraient s’avérer insuffisants si la crise sociale persiste.
Les observateurs et organisations de la société civile tirent la sonnette d’alarme. Ils redoutent que cette situation n’entraîne un report du scrutin ou ne compromette la crédibilité du processus électoral, dans un pays déjà marqué par des fragilités institutionnelles.
Pour l’heure, aucune réaction officielle de l’ANE n’a été enregistrée. Des discussions seraient en cours avec les autorités, alors que le président Faustin-Archange Touadéra, récemment investi, fait face à un nouveau test politique à l’approche de ces élections sensibles.
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