Burkina Faso : vague de dissolutions d’ONG, inquiétudes sur les libertés associatives

Au Burkina Faso, les autorités ont annoncé la dissolution de 118 associations et ONG, désormais interdites d’exercer sur l’ensemble du territoire. La décision, rendue publique le 15 avril par le ministère de l’Administration territoriale, est entrée en vigueur immédiatement, sans précisions détaillées sur les manquements reprochés.

Parmi les structures concernées figurent plusieurs organisations engagées dans la défense des droits humains, telles que l’Union interafricaine des droits de l’homme ou encore la section burkinabè de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADHO). Les autorités affirment que ces dissolutions reposent sur le non-respect des obligations légales en vigueur.

Cette mesure s’inscrit dans le cadre de la loi adoptée en juillet 2025, qui encadre plus strictement la liberté d’association. Le texte impose notamment des exigences accrues en matière de transparence administrative et financière. Selon le gouvernement, l’objectif est d’« assainir » le secteur associatif et de lutter contre le financement du terrorisme ainsi que le blanchiment d’argent.

Un délai d’un an avait initialement été accordé aux organisations pour se conformer à ces nouvelles règles. Toutefois, dès les mois suivants, plusieurs ONG avaient déjà été suspendues ou privées d’autorisation.

Cette décision intervient dans un climat de tension croissante entre les autorités et certaines organisations internationales. Début avril, le gouvernement avait dénoncé des « officines impérialistes déguisées en ONG », quelques jours après la publication d’un rapport de Human Rights Watch accusant l’armée de violations des droits humains.

Pour de nombreux observateurs, cette vague de dissolutions soulève des inquiétudes quant au respect des libertés associatives et à l’espace civique dans le pays.

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