Egypte : Condamnation à un an de prison du président d’un organisme anti-corruption

La justice égyptienne a condamné jeudi, à un an de prison l’ancien président de l’Autorité nationale de contrôle des comptes publics, Hicham Geneina, au motif d’avoir surévalué, en public, l’ampleur de la corruption dans les rouages de l’Etat, ce que conteste l’intéressé.

La sentence de l’ex-juge Hicham Geneina a été prononcée par un tribunal correctionnel du Caire, au terme d’un procès entamé le mois dernier. Cet ancien magistrat avait été limogé en mars dernier par le chef d’Etat égyptien de la présidence de l’Autorité nationale de contrôle des comptes publics. Cette institution a notamment pour responsabilité de lutter contre la corruption dans le pays des pharaons.

Le tribunal qui instruit cette affaire a reconnu Hicham Geneina coupable de «diffusion de fausses informations de nature à troubler l’ordre et la paix publics », a confié à la presse un responsable du greffe. Son avocat, Ali Taha, a confirmé la sentence devant les médias. Ayant comparu libre, l’ex-responsable de l’Autorité nationale de contrôle des comptes publics n’a pas été emprisonné au terme du procès. L’appel que son avocat envisage d’interjeter va suspendre la peine. Toutefois, il devra payer une caution d’environ 1.000 euros pour éviter d’être placé en détention préventive en attendant l’appel.

Pratiquement tous aliénés au régime du dirigeant égyptien Abdel Fattah al-Sissi, les organes de presse égyptiens ont mené une vaste campagne accusant la famille Geneina de faire partie de l’opposition islamiste et de vouloir jeter le discrédit sur le pouvoir.

Geneina a estimé à près de 60 milliards d’euros (66 milliards de dollars) le coût de la corruption publique en Egypte, après avoir compilé des rapports rédigés entre 2012 et 2015 par l’Autorité égyptienne de contrôle des comptes publics. D’après l’ex-juge, il a été mal cité par un journal égyptien, qui a indiqué que les 60 milliards d’euros ne concernaient que l’an 2015. C’est sur ce point qu’il a été attaqué par le parquet, qui a déploré «des méthodes de calcul sans fondement, ayant conduit à l’exagération des montants avancés».

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