Yémen : Les vrais grands perdants de la révolution

La crise yéménite semble tendre vers son épilogue après un an de contestation avec la tenue hier mardi 21 février 2012 du scrutin présidentiel qui ne comptait qu’un seul candidat en lice, le vice-président Abd Rabbo Mansour Hadi. Mais ce dénouement laisse un goût amer aux jeunes yéménites, initiateurs de la contestation qui ont l’impression de s’être fait voler leur révolution par les islamistes et les soldats dissidents de la 1ère Division du général Ali Mohsen.
Moteurs de la contestation démarrée il y a un an et qui a contraint Ali Abdallah Saleh à mettre un terme à trente-trois années de règne, les jeunes révolutionnaires yéménites ont manqué le coche des négociations qui devaient sortir le pays de la crise. Enfermés dans leur idée de voir Ali Abdallah Saleh devant les tribunaux et rejetant ainsi le plan de sortie de crise proposé par les monarchies du Golfe, ils se sont fait damer le pion le 23 novembre dernier lorsque les membres du parti islamiste al-Islah qui s’étaient alliés aux déserteurs de la 1ère Division blindée, qui représente pas moins de la moitié de l’armée, ont adhéré au plan des monarchies du Golfe en se partageant équitablement les 34 ministères du gouvernement.
Leur manque de maturité politique a empêché les jeunes, comme cela a été le cas dans la plupart des pays du printemps arabe comme en Egypte, de participer activement au renouveau de leurs pays.

Ils se retrouvent dans l’expectative, méfiants aussi bien envers les troupes de la 1ère Division qu’envers les islamistes et attendant de constater la rupture effective entre le nouveau gouvernement qui sera formé et le pouvoir d’Ali Abdallah Saleh, sous menace de redescendre dans les rues.

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