Justice : la face obscure de William Bourdon

William Bourdon

Derrière nombre d’«affaires» judiciaires ayant défrayé la chronique depuis le début des années 2000, se profile une personnalité atypique dans l’univers pourtant très policé du barreau français, en la figure de William Bourdon.

William Bourdon
William Bourdon

Ce dernier s’est auto-proclamé, à de nombreuses reprises  « défenseur des droits de l’homme », mais il faut croire que cette notion revêt dans la bouche de cet avocat des contours assez flous. Ces mêmes contours l’on conduit à fréquenter, toujours au nom de la « cause » qu’il prétend défendre,  des personnages  pour le moins controversés, voire douteux dans certains cas.
Dans le cas du Maroc, que M. Bourdon a décidé de poursuivre de ses assiduités au nom d’un agenda dont les motivations réelles apparaissent de plus en plus clairement au fil du temps , Wiliam Bourdon a officié durant de nombreuses années comme conseil de l’escroc Hicham Mandari.
Affabulateur et faussaire, condamné à de multiples reprises par la justice ,  l’éphémère  « carrière » d’opposant de ce dernier s’est terminée d’une manière sordide  à travers l’exécution d’un contrat crapuleux dans un parking de Malaga, en Espagne. Or, M. Bourdon,  bénéficia – des dires mêmes de l’épouse de Mandari- d’honoraires grassement payés par les services algériens durant toute la période où il assura sa défense.  Il ne prit toutefois jamais la peine de combattre pour que la vérité soit faite sur les circonstances conduisant à l’assassinat de son client, ce dernier ne lui étant probablement plus d’aucune utilité –monétaire- une fois passé de vie à trépas.
De même ; l’avocat précieux qui prétend défendre les causes justes omet souvent de rappeler qu’il s’est fait l’auxiliaire de policiers français ripoux qui détournaient des fiches de renseignement de personnalités (STIC), afin de les revendre aux journaux people dans le but d’en tirer un bénéfice financier. Comble de la vergogne, l’avocat grisonnant affirma sans sourciller  qu’il faisait œuvre de « salubrité publique » en défendant ces policiers ayant détourné les moyens de l’Etat à leur bénéfice personnel, tout en violant toutes les lois sur la vie privée.
Ceci illustre cependant les liens étroits que Wiliam Bourdon entretient avec les différents appareils de renseignement et les institutions judiciaires, qui lui permettent d’avoir accès à des documents confidentiels, de recueillir des informations privilégiées sur les procédures  en cours, et ce au mépris le plus absolu des règles qu’il prétend défendre.
« Bourdon et l’argent, une relation compliquée… »
Ce garçon de « bonne famille », qui a fréquenté les banc du très huppé lycée Janson de Sailly et de Sciences Po Paris entretiendrait il une relation « compliquée » avec l’argent ?  Bien que ne semblant pas  en manquer- l’homme mène grand train- il est irrésistiblement  attiré par les clients dont les sources de financement sont manifestement occultes. Peut-être cela lui permet-il d’être payé « en cash » et de soustraire ses revenus au fisc français ?  En tous cas, parmi ses clients les plus extrêmes,  l’on peut citer le « groupe de Tarnac » mené par Juline Coupat qui procéda au sabotage présumé de caténaires de lignes TGV en novembre 2008. Autre cerveau d’une entreprise terroriste défendu par William Bourdon, le cerveau des assassinats massifs de membres de forces de l’ordre marocaines lors des évènements de Gdeim Izik au Sahara, Annama Assfari. Ici, nul besoin de se demander qui règle la facture, tant la distance qui sépare William Bourdon de l’appareil de renseignement algérien est telle un papier à cigarette.

Qu’il défende ensuite l’ancien directeur du magazine Tel Quel, Ahmed Benchemsi, qui a réussi à vendre grassement son journal avant de s’établir volontairement  aux Etats- Unis pour y poursuivre  une carrière de « chercheur », n’étonnera donc personne.
Au registre des étonnements, il est d’ailleurs curieux de voir que l’Algérie n’a jamais fait partie des « combats » que Bourdon aime à mener contre des cibles décidemment choisies avec soin. Ni les milliards du pétrole détournés par le généraux, ni les biens colossaux que la nomenklatura algérienne a amassés de part le monde ni les centaines de millions d’euros détournés par le clan de Bouteflika n’ont jamais ému William Bourdon.
Peut être faut il n’y voir aucune malice, après tout, l’on a les amitiés que l’on mérite…

A propos de Fitzpatrick 1314 Articles
Georges Fitzpatrick a été analyste financier, puis journaliste spécialisé dans les marchés émergents pendant plus de 20 ans, il a officié à Wall Street dans plusieurs banques d’affaires de la place New Yorkaise

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