Le président tchadien Mahamat Idriss Déby est attendu à Paris le 29 janvier 2026 pour un entretien avec son homologue français Emmanuel Macron. Cette visite officielle intervient dans un contexte de rapprochement prudent entre les deux pays, un peu plus d’un an après la rupture brutale de l’accord de défense qui les liait.
L’invitation a été transmise par l’ambassadeur de France à Ndjamena, reçu lundi 26 janvier par le chef de l’État tchadien. Selon la présidence tchadienne, les échanges ont porté sur « l’avenir de la coopération bilatérale », appelée à être repensée et adaptée aux enjeux actuels. L’entrevue est décrite comme « dense », marquée par une volonté de dialogue et de prise en compte des intérêts respectifs.
La réponse favorable de Mahamat Idriss Déby à l’invitation d’Emmanuel Macron est présentée comme un « signal fort » traduisant une volonté commune de moderniser les relations entre Ndjamena et Paris. Les deux capitales semblent ainsi chercher à tourner la page de la crise de novembre 2024, lorsque le Tchad avait mis fin de manière abrupte à l’accord de défense, entraînant le retrait rapide des forces françaises.
Pour l’anthropologue tchadien Remadji Hoinaty, il ne s’agit pas d’un simple retour au statu quo. « Les deux États ont recalculé leurs intérêts », explique-t-il. Paris chercherait à préserver un ancrage régional, notamment en matière de renseignement, tandis que Ndjamena aurait besoin d’un soutien diplomatique dans un contexte sécuritaire et économique fragile, aggravé par la guerre au Soudan.
Ce rapprochement suscite toutefois des critiques. Des opposants et défenseurs des droits humains dénoncent un risque de complaisance de Paris envers un régime accusé de dérives autoritaires, appelant la France à privilégier ses valeurs dans la redéfinition de ce partenariat.
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