Dix jours après l’annonce de la 17e épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, les autorités congolaises et plusieurs pays de la région multiplient les mesures d’urgence pour tenter de contenir la propagation du virus. La situation reste particulièrement préoccupante dans l’est du pays, notamment en Ituri, considéré comme l’épicentre de la flambée actuelle.
Selon les derniers chiffres officiels, la RDC enregistre désormais 904 cas suspects et 220 décès suspects, dont 101 cas confirmés et 10 décès confirmés dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri.
Face à cette progression, Kinshasa a suspendu les liaisons aériennes entre Bunia et la capitale afin de limiter les risques de contamination. De son côté, l’Ouganda a interrompu ses vols vers Kinshasa, tandis que la Centrafrique a renforcé la surveillance à ses frontières. Dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23, un isolement obligatoire de 21 jours a été imposé aux voyageurs en provenance d’Ituri.
À Bunia, les rassemblements de plus de 50 personnes ainsi que les veillées funéraires sont désormais interdits. Mais sur le terrain, les autorités peinent à faire respecter ces mesures, notamment lors des cérémonies religieuses.
Les organisations humanitaires s’inquiètent surtout des conséquences de ces restrictions sur la riposte sanitaire. Plusieurs acteurs craignent un ralentissement de l’acheminement du personnel médical et du matériel dans les zones touchées.
La situation est particulièrement critique dans les camps de déplacés d’Ituri, où vivent près d’un million de personnes dans des conditions précaires. Manque d’eau, absence de dispositifs de lavage des mains et promiscuité alimentent les craintes d’une propagation incontrôlable du virus.
À Mongbwalu, la tension est montée après l’attaque d’un centre de prise en charge par des habitants ayant emporté des cas suspects d’Ebola. Des responsables sanitaires redoutent désormais une multiplication des chaînes de contamination dans la communauté.
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