Tchad : les ex-responsables du GCAP jugés sous haute tension à N’Djaména

Au Tchad, le procès des anciens dirigeants du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP) s’ouvre ce mercredi 6 mai 2026 devant le Tribunal de grande instance de N’Djaména. Cette audience, inscrite au rôle de la Chambre spéciale correctionnelle, intervient quelques jours seulement après la dissolution de ce mouvement par la Cour suprême.

Particularité notable : le procès se tiendra au sein même de la maison d’arrêt de Klessoum, où les huit prévenus sont détenus depuis leur arrestation le 25 avril. Les autorités judiciaires justifient cette organisation exceptionnelle par des impératifs liés à leur incarcération, la prison ayant été aménagée en salle d’audience pour l’occasion.

Les anciens membres du GCAP sont poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation lourds, notamment attroupement, participation à un mouvement insurrectionnel, rébellion et détention illégale d’armes de guerre. Leur arrestation est intervenue au lendemain de la dissolution de leur organisation, alors qu’ils projetaient d’organiser une marche baptisée « indignation et dignité » le 2 mai. Depuis leur incarcération, ils ont indiqué reconnaître la décision de justice et renoncer à leur mobilisation.

Ce procès suscite une forte attention dans le pays. Des partis d’opposition ainsi que plusieurs organisations de défense des droits humains appellent à la transparence de la procédure et au respect des garanties fondamentales des accusés, notamment le droit à un procès équitable.

Au-delà du cadre judiciaire, l’affaire revêt une dimension politique importante. Le verdict attendu pourrait influencer le climat politique au Tchad, dans une période marquée par les efforts des autorités pour consolider les institutions après les années de transition.

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