À Madagascar, le lancement de la Semaine de l’Europe, ce 5 mai, intervient dans un climat politique sensible. Alors que le pays semble renforcer ses liens avec la Russie, notamment dans le domaine électoral, l’ambassadeur de l’Union européenne a tenu à rappeler l’importance du partenariat européen avec la Grande Île.
Son représentant, Roland Kobia, a insisté sur le rôle central de l’UE, premier bailleur du pays. Sans s’opposer frontalement au rapprochement avec Moscou, il a souligné que la grande majorité de l’aide, des investissements et des échanges commerciaux provenaient des partenaires démocratiques. Une manière de défendre un modèle basé sur le soutien aux secteurs sociaux comme la santé, l’éducation ou le développement rural.
Ce positionnement intervient après une visite à Moscou du président de la commission électorale malgache, qui a suscité des inquiétudes au sein de la société civile. Des précédents d’ingérences lors de la présidentielle de 2018 alimentent ces craintes, dans un contexte où la question de la transparence électorale reste sensible.
Autre sujet de préoccupation : les arrestations récentes de jeunes militants du mouvement Gen Z, accusés d’atteinte à la sûreté de l’État après des manifestations. Roland Kobia a appelé au respect de l’État de droit et à l’ouverture d’un dialogue avec la jeunesse, rappelant que les partenaires européens avaient été parmi les rares à s’exprimer publiquement en leur faveur.
Entre diversification diplomatique et exigences démocratiques, Madagascar apparaît ainsi à la croisée des influences, dans une période marquée par des choix stratégiques déterminants pour son avenir politique.
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