Au Bénin, la campagne électorale entre dans sa dernière ligne droite avant le double scrutin législatif et local prévu ce dimanche 11 janvier 2026, à quelques semaines de l’élection présidentielle du 12 avril. Si cinq partis sont engagés dans la course aux législatives, le principal parti d’opposition, Les Démocrates, n’a d’autre choix que de miser exclusivement sur ce scrutin. La formation de l’ancien président Boni Yayi est en effet exclue des élections locales, tout comme de la présidentielle à venir.
Sur le terrain, la mobilisation s’intensifie. À Kpassatona, village situé à une vingtaine de kilomètres de Parakou, les candidats multiplient les réunions de proximité. Sous les arbres, au cœur du village, Habibou Woroucoubou, député sortant et candidat dans la 8e circonscription, martèle l’enjeu : « Sans Les Démocrates à l’Assemblée nationale, le pays glisserait vers un système politique dominé par une seule voix, en contradiction avec l’esprit multipartite de la Constitution. »
Le discours trouve un écho auprès d’une partie de la population, notamment chez les jeunes. Plusieurs dénoncent la dégradation de leurs conditions de vie depuis 2016 et le manque de perspectives économiques. Certains évoquent un quotidien dominé par le travail agricole faute d’alternatives, d’autres parlent d’un climat où l’expression des frustrations devient difficile.
Face à la mouvance présidentielle et au bilan du président sortant Patrice Talon, Les Démocrates se positionnent comme une force de rupture et d’espoir. Mais l’enjeu est de taille : pour obtenir des sièges au Parlement, chaque parti devra atteindre le seuil de 20 % des suffrages dans chacune des 24 circonscriptions électorales du pays.
La campagne s’achève ce vendredi 9 janvier, laissant place à un scrutin décisif pour l’avenir de l’opposition béninoise.
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