Au Gabon, la révision du Code de la nationalité, promulguée le 26 février 2026 par ordonnance présidentielle, provoque de nombreuses réactions. Rendues publiques récemment à travers des extraits diffusés sur les réseaux sociaux, certaines dispositions du texte alimentent déjà un débat intense au sein de l’opinion.
Parmi les points les plus critiqués figure l’introduction d’une classification entre « Gabonais d’origine », « d’adoption » et « d’affiliation ». Une distinction jugée par plusieurs observateurs comme contraire au principe d’unité nationale et au vivre-ensemble.
Le nouveau Code précise également les conditions de perte de la nationalité. Selon ses dispositions, tout citoyen engagé dans une armée ou une institution étrangère jugée contraire aux intérêts du Gabon peut être déchu de sa nationalité. Le texte va plus loin en visant les personnes accusées d’« actions subversives et déstabilisatrices » contre l’État : celles-ci pourraient également perdre leur nationalité si elles ne se conforment pas aux injonctions des autorités dans un délai de trois mois.
Ces mesures suscitent de vives inquiétudes quant au respect des libertés individuelles et à leur possible utilisation à des fins politiques. Plusieurs voix dénoncent un texte potentiellement restrictif, susceptible d’exclure une partie de la population.
C’est notamment le cas de Ali Akbar Onanga Y’Obegue, proche de l’ex-président Ali Bongo, qui estime que ce Code « ne protège pas mais exclut » et pourrait fragiliser la cohésion nationale.
Autre disposition controversée : les personnes naturalisées ou ayant acquis la nationalité ne pourront pas, en première génération, accéder à certaines fonctions stratégiques, notamment dans la magistrature ou au sein du gouvernement.
Dans un contexte politique déjà sensible, cette réforme relance ainsi le débat sur l’identité nationale, les droits civiques et l’équilibre entre souveraineté et inclusion.
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