Guinée : une campagne électorale sans relief à l’approche des scrutins du 31 mai

À dix jours des élections législatives et communales prévues le 31 mai, la campagne électorale en Guinée peine à mobiliser. Malgré les importants moyens déployés par les autorités pour accompagner ce double scrutin présenté comme une étape clé du retour à l’ordre constitutionnel, l’absence d’une large partie de l’opposition historique enlève toute intensité au débat politique.

Le Front pour la démocratie en Guinée (Frondeg), un temps écarté du processus, a finalement été partiellement réintégré après une décision de la Cour suprême. Son président, Abdoulaye Yéro Baldé, estime toutefois que ces élections se déroulent dans un climat peu propice à une véritable compétition démocratique. Il dénonce notamment le manque d’enthousiasme populaire ainsi que des inégalités entre les candidats engagés dans la course électorale.

Les principaux partis d’opposition restent absents. Dissoutes en mars dernier pour non-conformité à la nouvelle législation sur les partis politiques, plusieurs grandes formations comme l’UFDG, le RPG et l’UFR n’ont pas été réhabilitées à temps pour participer au scrutin. Les autorités exigeaient notamment la mise à jour des statuts, l’organisation de congrès et la justification d’implantations locales dans toutes les préfectures du pays.

Pour l’analyste politique Nfaly Guilavogui, cette situation fragilise la crédibilité des futures institutions. Selon lui, un scrutin sans réelle concurrence politique risque de renforcer la concentration du pouvoir et d’affaiblir la légitimité démocratique des élus.

Ces élections doivent permettre de désigner 147 députés et 342 maires, quelques mois après la présidentielle organisée pour clore la transition politique.

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