Le Kurdistan irakien sur le chemin de l’autodétermination

Le premier dirigeant du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, a une fois de plus, prôné l’organisation d’un référendum d’autodétermination du de l’Etat kurde dans le nord de l’Irak, une position qui risque de refroidir les rapports entre cette région autonome et Bagdad, engagé dans la lutte contre le groupe Etat Islamique (EI).

Actuellement, le Kurdistan irakien est confronté à une crise institutionnelle et financière. Mais, cela n’a pas empêché Barzani de clamer à haute voix, que « l’heure est venue » pour les Kurdes de statuer, par voie référendaire, sur la création d’un Etat, d’après un communiqué diffusé mercredi par ses services.

« Les conditions sont maintenant réunies pour que le peuple prenne une décision sur son avenir par référendum », a soutenu le leader du Parti Démocratique du Kurdistan (PDK) qui avait déjà lancé 18 mois auparavant, un appel similaire.

«Ce référendum, a-t-il nuancé, ne mènerait pas nécessairement à la création immédiate d’un Etat (kurde) mais permettrait de connaître la volonté et l’opinion du peuple du Kurdistan concernant son avenir ». En revanche, Barzani n’a donné aucune précision sur le moment propice, à son avis, à la tenue de ce référendum.
C’est en août dernier que le mandat de Massoud Barzani à la tête du PDK est arrivé à son terme, mais il s’est maintenu aux commandes du parti kurde, suite à un accord politique décrié par l’opposition. En plus de ce problème constitutionnel, le Kurdistan irakien connaît présentement une crise financière due à la chute des cours du pétrole, son statut l’empêchant, contrairement à un Etat souverain, de contracter des emprunts sur les marchés obligataires de sorte à réalimenter son budget.

Par conséquent, certains fonctionnaires de la région autonome sont impayés depuis plusieurs mois et des grèves ont été observées pendant plusieurs jours l’automne dernier. En outre, le secteur touristique n’est plus aussi rentable que par le passé, à cause des problèmes sécuritaires liés à l’offensive lancée par l’organisation de l’EI en juin 2014 contre cette partie du territoire irakien. De surcroît, les autorités de Bagdad sont farouchement opposées à tout projet d’autodétermination du Kurdistan.

A propos de Fitzpatrick 1349 Articles
Georges Fitzpatrick a été analyste financier, puis journaliste spécialisé dans les marchés émergents pendant plus de 20 ans, il a officié à Wall Street dans plusieurs banques d’affaires de la place New Yorkaise

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