Projet de remaniement ministériel en Irak

Le Premier ministre irakien, Haïder al-Abadi a présenté jeudi au Parlement, un projet de remaniement ministériel, sur lequel les élus devraient se prononcer par un vote dans dix.

A la suite de cette annonce, le responsable chiite Moqtada Sadr a demandé à ses nombreux partisans de mettre fin à leur sit-in devant les portes de la zone verte à Bagdad, organisé pour exiger des autorités irakiennes la formation d’un gouvernement de technocrates.

Cette nouvelle équipe exécutive s’est assignée comme objectifs de lutter contre la corruption et de redresser l’économie irakienne, frappée de plein fouet par les combats contre le groupe Etat Islamique (EI) et la chute des cours du pétrole.

Ce gouvernement est constitué de technocrates et d’indépendants désignés, d’après le Premier ministre irakien, par un comité spécial et non par les formations politiques.

Ainsi, Ali Allaoui, un dignitaire de la majorité chiite, a été proposé aux Finances et Charif Ali ben Al-Hussein, qui est membre de la famille du roi Fayçal II déposé en 1958, aux Affaires étrangères. Quant au portefeuille du Pétrole, il a été confié à Nizar Salem Al-Nouman, un académicien inexpérimenté dans ce secteur d’après les spécialistes du centre Iraq Oil Forum. Par contre, Mohamed Al-Ghabban, qui est membre de l’organisation politique chiite Badr, conserve le ministère de l’Intérieur, de même que Khaled Al-Obeïdi, un sunnite membre du bloc Ittihad, qui garde son poste au département de la Défense.

Afin de justifier la reconduction des anciens ministres, Abadi a évoqué « la difficile situation » de l’Irak, promettant qu’«ils seront remplacés plus tard».

En février dernier, le chef du gouvernement irakien avait déclaré qu’il envisageait de s’entourer d’un gouvernement de spécialistes indépendants de sorte à affaiblir l’actuel système de partage du pouvoir suivant des critères ethniques, tribaux ou religieux, ce qui favorise le clientélisme et la corruption. Mais, Abadi s’est heurté aux réticences de la classe politique en général et de son propre camp chiite en particulier.

A propos de Fitzpatrick 1314 Articles
Georges Fitzpatrick a été analyste financier, puis journaliste spécialisé dans les marchés émergents pendant plus de 20 ans, il a officié à Wall Street dans plusieurs banques d’affaires de la place New Yorkaise

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