Amnesty International épingle les milices proches du gouvernement irakien pour «crimes de guerre»

Dans un rapport paru jeudi, Amnesty International affirme que les groupes armés irakiens pro-gouvernementaux se servent des armes fournies, entre autres, par les Etats occidentaux, pour commettre des «crimes de guerre».

L’ONG rapporte que ces milices paramilitaires, chiites en majorité, emploient ces armes pour commettre des violations des droits humains à l’instar de la disparition forcée et l’enlèvement de milliers d’hommes majoritairement des sunnites, la torture, les exécutions extrajudiciaires et la destruction méchante de biens.

Patrick Wilcken, chercheur chez Amensty en matière de «contrôle des armes et droits humains», suggère que «les fournisseurs d’armes, notamment les Etats-Unis, les Etats européens, la Russie et l’Iran, doivent prendre conscience que tous les transferts d’armes à destination de l’Irak comportent un réel risque de finir entre les mains de milices au passé marqué par des violations des droits humains».

Amnesty International a mis en garde à plusieurs reprises, ces derniers mois, sur le fait que ces groupes armés tuent, torturent et emprisonnent arbitrairement des milliers de civils fuyant les zones contrôles par l’organisation djihadiste de l’Etat islamique (EI) en Irak, notamment dans la périphérie de Mossoul.

Dans son rapport publié ce jeudi, l’ONG a mentionné que «des recherches menées depuis juin 2014 sur le terrain et des analyses d’experts des preuves photos et vidéos montrent que ces milices paramilitaires bénéficient de transferts d’armes fabriquées dans au moins 16 pays, tanks et artillerie notamment, ainsi que tout un éventail d’armes légères».

Une coalition de groupes armés, pour la plupart chiites, appuyés par Téhéran, baptisée les Unités de mobilisation populaire (Hachd al-Chaabi), est de plus en plus influente en Irak, depuis son lancement, en mi-2014, dans le but de combattre le groupe EI, selon Amnesty.

«Les autorités irakiennes contribuent à armer et à équiper les milices des Unités de mobilisation populaire et à payer leurs salaires », a indiqué Patrick Wilcken.

«Au lieu de glorifier les milices pour leur combat contre les atrocités commises par l’EI, souligne-t-il, les autorités irakiennes doivent ouvrir les yeux sur les violations systématiques qui avivent les tensions interconfessionnelles».

A propos de Fitzpatrick Georges 1374 Articles

Georges Fitzpatrick a été analyste financier, puis journaliste spécialisé dans les marchés émergents pendant plus de 20 ans, il a officié à Wall Street dans plusieurs banques d’affaires de la place New Yorkaise

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