Bahreïn : Le silence américain sur les manifestations des bahreïnis

En plein printemps arabe, toute l’attention est portée sur les événements en Syrie et sur la reconstruction des pays qui ont déjà réussi à renverser les régimes dictatoriaux en place. Mais rien, ou presque, ne filtre sur les événements au Bahreïn où depuis plus d’un an, des bahreinis descendent dans les rues pour manifester contre le pouvoir.

Les manifestations dans le pays et les violences qui l’accompagnent sont présentées par les médias nationaux comme des affrontements entre chiites, qui représentent 70% de la population, et sunnites, groupe auquel appartient la famille royale des Khalifa. Les manifestants au contraire affirment que leurs revendications, non violentes et sans portée religieuse, portent sur l’emploi, la lutte contre la pauvreté et d’autres aspects sociaux. Cependant, le pouvoir bahreïni n’a pas hésité à réprimer dans la violence ce mouvement de contestation, notamment grâce à l’intervention le 14 février 2011 des troupes saoudiennes, sans  indigner plus que cela la communauté internationale.

Les Etats-Unis semblent encourager cette discrétion médiatique et soutiendraient même plus activement le Bahreïn notamment en armements, 1.4 milliard de dollars d’armes ont été vendues ces dix dernières années par les Etats-Unis au Bahreïn et le pays, concerné par un programme d’entraînement militaire, a également signé un accord de ventes de matériel militaire pour un montant de 53 milliards de dollars. Le Bahreïn est devenu en mars 2008 le premier pays arabe à avoir dirigé des manœuvres militaires navales conjointes avec les Etats-Unis.

Les excellentes relations entre les deux pays ont permis l’installation au Bahreïn, proclamé en 2002 par les Etats-Unis « allié très important  non membre de l’OTAN», du siège de la Vème Flotte américaine,  lui  procurant ainsi  une position de choix pour toute action militaire future des USA dans le Golfe.

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


*