Afrique du Sud : « Déracialiser » l’économie

A l’occasion de l’ouverture de la conférence nationale du Congrès National Africain (ANC), le président sud-africain Jacob Zuma s’est insurgé mardi contre une économie « principalement aux mains des Blancs ».

Du 26 au 29 juin, l’ANC se réunit pour décider des grandes orientations de sa politique. Ainsi, le chef d’Etat sud-africain a profité de cette tribune pour débattre d’un sujet des plus épineux, à savoir, la main mise blanche sur l’économie de la nation arc-en-ciel. Pour M. Zuma, « la structure de l’économie de l’apartheid est restée intacte ». Ce qui se traduit par des inégalités sociales, lesquelles engendrent à leur tour un « niveau de frustration élevé et compréhensible dans certaines communautés ». En effet, il n’est pas rare que des actes violents surviennent en Afrique du Sud à cause du manque d’électricité, de la difficulté d’accès à une bonne éducation, des moyens de transports insuffisants, … Afin d’y remédier, le président sud-africain préconise un retour à la genèse de la démocratie sud-africaine en 1994. Ce, pour pouvoir prendre les décisions qu’il était difficile de prendre à l’époque. Selon ses propos, « l’ANC doit démocratiser et déracialiser la propriété et le contrôle de l’économie en donnant du pouvoir à la communauté africaine et noire en général ».

Courageusement, M. Zuma n’a pas évité la problématique de la redistribution des terres. Celles-ci sont toujours détenues à 80 % par les Blancs. Le Chef d’Etat souhaite la reconsidération du modèle vendeur-libre acheteur-libre qui régit actuellement le secteur. A son avis, cette pratique entraîne une inflation des terres vouées à la redistribution. Résultat : tout le processus est freiné. Par ailleurs, le président a également parlé des mines, « une richesse nationale qui appartient à tous ceux qui vivent en Afrique du Sud ». Un clin d’œil à une revendication de longue haleine de la ligue de jeunesse de l’ANC, qui souhaite la nationalisation du secteur. Une option auquel le parti au pouvoir s’oppose, préférant introduire une taxe supplémentaire et rehausser le contrôle de l’Etat par rapport aux mines.

A propos de Fitzpatrick 1349 Articles
Georges Fitzpatrick a été analyste financier, puis journaliste spécialisé dans les marchés émergents pendant plus de 20 ans, il a officié à Wall Street dans plusieurs banques d’affaires de la place New Yorkaise

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


*