Pêche : L’Europe pressée de toutes parts

En Afrique comme sur le Vieux Continent, la surexploitation des eaux par la flotte européenne de pêche fait débat. Alors que, du côté du continent noir, les populations vivant de cette activité n’entendent pas se laisser écraser par des accords internationaux, les scientifiques européens, quant à eux, veulent carrément une réforme de la Politique Commune de pêche.

Au cours du mois d’Avril, des pêcheurs africains originaires du Cap-Vert, de la Mauritanie et du Sénégal ont entrepris une tournée, appelée « Des voix africaines », dans quelques pays européens (Belgique, Allemagne, Pays-Bas, Luxembourg, France, Autriche et Espagne), soutenus par Greenpeace. Cela, dans le but de dénoncer la surexploitation des eaux d’Afrique de l’Ouest par l’Europe, lesquelles fournissent à ce continent plus de 400 000 tonnes de poissons, soit le tiers de ses prises hors de l’Union. Ce qui annihile les moyens de subsistance des pêcheurs africains, ceci, en tenant compte également des impacts environnementaux.

De l’autre côté de la méditerranée, les chercheurs européens proposent de mettre en place des quotas de prises durables sur les eaux européennes. Ceci se comprend parfaitement car, dans un rapport, la Commission Européenne a admis que 88 % des populations de poissons étaient pêchées au-delà de leur seuil durable maximum. Par conséquent, selon certains experts, même si l’on arrêtait la pêche actuellement, certaines populations sont tellement affaiblies qu’elles ne pourraient se rétablir que d’ici 2015.

Devant cette grogne intercontinentale, l’Europe se doit de trouver des solutions au plus vite. Mais, cela n’est pas gagné. Par exemple, pendant que Maira Damanaki, commissaire européenne à la pêche, se montrait favorable à l’établissement de nouveaux accords de pêche entre l’Afrique et l’Union Européenne, la France, l’Espagne et le Portugal réagissaient de commun accord pour s’opposer à toute révision. De même, en ce qui concerne les eaux européennes, les conseils des scientifiques sur les quotas à appliquer ne sont, d’ordinaire, pas suivis. En tout cas, l’Europe a jusqu’au 13 juillet pour régler toutes ces questions en suspens.

A propos de Fitzpatrick Georges 1374 Articles

Georges Fitzpatrick a été analyste financier, puis journaliste spécialisé dans les marchés émergents pendant plus de 20 ans, il a officié à Wall Street dans plusieurs banques d’affaires de la place New Yorkaise

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