Le tir syrien en Turquie

La Russie est parvenue, hier jeudi, à modérer le projet de déclaration du Conseil de sécurité qui doit sanctionner le tir de mortier syrien sur un village frontalier turc qui avait fait la veille cinq morts.

Le texte original de la déclaration avait été présenté par l’Azerbaïdjan. La Russie lui a immédiatement proposé des modifications, preuves de son soutien indéfectible au régime de Bachar al-Assad. La première proposition russe a été d’appeler les deux parties à la retenue pour éviter toute escalade supplémentaire dans la zone frontalière entre la Syrie et la Turquie. Elle les appelle également à œuvrer à une résolution pacifique de la crise syrienne. Par ailleurs, Moscou s’est opposé à une phrase du texte original qui qualifiait le tir syrien de violation du droit international avec des risques pour la paix et la sécurité internationales, une phrase qui si elle est retenue, entraîne l’implication du Conseil de sécurité dans ce dossier.  Par contre Moscou conserve la proposition d’une enquête sur l’incident par le gouvernement syrien. Les diplomates occidentaux s’érigent déjà contre les propositions russes. Bon nombre d’entre eux y voient une tentative russe de mettre sur le même pied d’égalité le tir syrien et la riposte turque. Et en appuyant une enquête, Moscou tenterait indirectement de dédouaner le régime syrien en suggérant que les responsabilités seraient encore à déterminer.

La priorité pour le Conseil de sécurité est d’éviter l’escalade du conflit au niveau régional. Le village turc d’Akçakale avait été bombardé mercredi par la Syrie, entraînant des représailles turques. Hier jeudi, le Parlement turc a autorisé le gouvernement à poursuivre ses frappes en Syrie. Mais le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan insiste sur le fait que les opérations militaires turques n’ont qu’un effet dissuasif et ne visent en aucun cas une escalade du conflit avec la Syrie.

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