Royaume-Uni : conditions strictes pour les banques étrangères

L’Autorité des services financiers (FSA) au Royaume-Uni a corsé les préalables requis pour une banque étrangère avant de recevoir des dépôts d’entreprises ou de particuliers autochtones. Une véritable soupape de sécurité.

Londres ne veut plus laisser aux établissements étrangers le loisir d’ouvrir des agences dépendant d’un siège basé dans un autre pays. En lieu et place, le Royaume-Uni exige à ses banques de créer des filiales autonomes. Cette caractéristique résidera dans leur aptitude à se capitaliser de manière indépendante. Ainsi, en cas de difficulté, elles pourront dédommager leur clientèle britannique sans aucun souci. C’est donc une manière de sécuriser les nationaux qui feront confiance à ses divers établissements. L’expérience a prouvé qu’il est assez compliqué de résoudre les problèmes dus à des faillites bancaires internationales. C’est pourquoi, cet encouragement à l’indépendance est maintenant courant dans bien de pays développés à l’instar des USA et de la France. Pour n’évoquer qu’un cas britannique, à la survenue de la crise financière en 2008, l’Etat a dû intervenir pour soulager les clients britanniques des banques islandaises alors en banqueroute. Depuis, la FSA s’est montrée beaucoup plus rigoureuse : d’après des données fournies par le « Financial Times », cet organe de régulation n’a permis qu’à 4 banques étrangères d’ouvrir des agences à daté de 2007. A l’opposé, 14 établissements financiers ont pu implanter des filiales pendant le même intervalle de temps.

En opérant ce durcissement, le Royaume-Uni ne s’en prend que très peu aux banques issues de l’Union Européenne : selon la loi en vigueur, celles-ci peuvent être contraintes par la FSA à augmenter leurs capitaux même si elles ne disposent que du statut d’agences. Ainsi, la mesure touche plus particulièrement les établissements financiers d’origines américaine et australienne, dont les régulateurs financiers défendent plus leurs propres déposants. Quant aux banques chinoises, quelques unes, mécontentes des nouvelles conditions, ont affecté certains de leurs services au Luxembourg.

A propos de Fitzpatrick 1348 Articles
Georges Fitzpatrick a été analyste financier, puis journaliste spécialisé dans les marchés émergents pendant plus de 20 ans, il a officié à Wall Street dans plusieurs banques d’affaires de la place New Yorkaise

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