Au Sénégal, l’exécutif tente de désamorcer la controverse autour d’un emprunt de 650 millions d’euros contracté via des instruments financiers complexes appelés Total return swaps. Face aux accusations d’opacité, le gouvernement dirigé par Ousmane Sonko affirme qu’il ne s’agit en aucun cas d’un « emprunt secret ».
Dans un communiqué, le ministère des Finances précise que ces opérations, réalisées entre avril et novembre 2025, visaient à couvrir les besoins de financement de l’État sur l’année écoulée. Contrairement à certaines critiques, ces fonds n’auraient pas servi à éviter un défaut de paiement en 2026.
L’exécutif défend également une stratégie assumée de diversification des sources de financement, dans un contexte de forte pression budgétaire. Selon les autorités, ces emprunts, assortis d’un taux d’intérêt de 7,1 %, seraient même plus avantageux que ceux proposés sur les marchés internationaux classiques. Le gouvernement insiste par ailleurs sur le fait que ces opérations n’ont pas été dissimulées.
Cependant, des zones d’ombre subsistent. Aucun détail précis n’a été communiqué sur les termes des contrats liés à ces instruments financiers, réputés complexes et souvent jugés favorables aux établissements prêteurs. Cette absence de transparence alimente les critiques d’une partie de la classe politique.
La principale coalition d’opposition, le Front pour la défense de la démocratie et de la République, réclame l’ouverture d’une enquête parlementaire pour faire la lumière sur ces transactions. Dans ce climat de tension, l’examen à l’Assemblée nationale d’un texte de soutien à la politique économique du gouvernement a été reporté.
Cette affaire met en évidence les défis auxquels fait face le Sénégal dans la gestion de sa dette, tout en ravivant les débats sur la transparence des choix financiers de l’État.
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