Tchad, terre d’accueil sous pression : des réfugiés soudanais entre survie et rêve d’Europe

Fuyant la guerre déclenchée en 2023 au Soudan, plus de 1,3 million de personnes ont trouvé refuge au Tchad, dont une grande majorité installée dans l’Est du pays. À proximité d’Abéché, le site informel d’Abougoudam illustre une crise humanitaire complexe, mêlant enjeux sécuritaires et détresse sociale.

Créé par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, ce camp particulier accueille des réfugiés considérés comme « sensibles », notamment des Arabes soudanais. Dans leur pays d’origine, ces derniers sont souvent assimilés aux Forces de soutien rapide, accusées d’exactions contre d’autres communautés. Pour éviter que ces tensions ne se reproduisent au Tchad, ils ont été isolés.

Mais cette mise à l’écart a eu des conséquences lourdes. Avec moins de 1 000 habitants, le site ne bénéficie pas des distributions régulières du Programme alimentaire mondial, généralement réservées à des populations plus importantes. L’aide financière s’est également raréfiée, plongeant les familles dans une précarité extrême.

Dans ce contexte, l’espoir se déplace vers l’Europe. Pour de nombreux jeunes, comme ce réfugié de 25 ans, l’avenir ne se trouve ni au Soudan ni au Tchad. L’idée de rejoindre des pays comme l’Espagne ou la France devient une obsession, perçue comme la seule issue face à l’absence de perspectives.

Les familles, malgré leurs difficultés, s’organisent pour financer ces départs risqués. Ce choix traduit une réalité plus large : celle d’une génération prise au piège entre conflit, exil et abandon, pour qui la migration apparaît comme une question de survie autant que d’espoir.

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*