Un procès contre un ancien tortionnaire du régime syrien s’ouvre en Allemagne

La justice allemande entame un premier procès contre un ex-élément des services de Renseignements syriens. Un millier de ressortissants de ce pays du Proche-Orient impliqués dans des exactions du régime de Damas résident sur le continent européen.

Il y a cinq ans, les citoyens syriens Anwar Raslan et Anwar al-Bunni se sont rencontrés fortuitement sur une grande surface de Berlin. Le second s’est souvenu du visage du premier qui, assure-t-il, a été son geôlier durant cinq ans en Syrie. 

A en croire la justice allemande, Raslan est le plus gradé des deux ex-éléments des services secrets syriens qui comparaîtront jeudi prochain devant le tribunal de Coblence dans le cadre du premier procès au monde des exactions attribuées au régime du président syrien, Bachar al-Assad.

Le sexagénaire Anwar al-Bunni vit depuis cinq ans et demi comme réfugié dans la capitale allemande. Cet activiste des droits humains dans son pays d’origine rassemble actuellement des éléments à charge et témoignages contre des dirigeants syriens afin qu’ils soient poursuivis en justice en Allemagne.

Pour ce qui est de l’ex-colonel Raslan, il a déserté les forces armées syriennes en 2012 avant de fouler le sol allemand le 26 juillet 2014, selon certaines sources. Il est accusé d’avoir interpellé Anwar al-Bunni en mai 2006 devant chez lui dans la capitale syrienne, Damas, avant de le faire emprisonner durant cinq ans. Le militant n’a été relâché qu’en 2011, lors du soulèvement en Syrie.

Les deux hommes se sont retrouvés logés dans le même foyer de demandeurs d’asile dans la capitale allemande, Berlin. Et en 2016, alors qu’Anwar al-Bunni commence à collaborer avec des avocats pour réunir des preuves, il apprend que des investigations sont d’ores et déjà menées sur Raslan, qui sera finalement interpellé à Berlin en février 2019. 

Cet ancien membre des services de Renseignements syriens est accusé d’être à l’origine de la mort de 58 personnes et de la torture de 4.000 autres au minimum entre avril 2011 et septembre 2012 dans la prison d’Al-Khatib dans la capitale syrienne, qui était sous sa responsabilité.

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