Rhinocéros : La menace s’exporte

Depuis quelques années, le braconnage des rhinocéros, motivé par les multiples vertus que recéleraient leurs cornes, ne fait que croître. L’Afrique en général et des pays comme l’Afrique du Sud et le Zimbabwe en particulier, compte tenu de l’importante population de ces bêtes qu’ils abritent, en sont, d’ordinaire, les principaux théâtres. Mais, sous peu, quelques vols de cornes ont été constatés en Europe. 13 en 2007, 122 en 2009, 333 l’année dernière et, déjà, 341 avant la fin 2011. Telles sont quelques statistiques des rhinocéros blancs et noirs tués au cours de ces dernières années.    Des chiffres en constante hausse qui traduisent avec éloquence l’ampleur que prend le phénomène au fil du temps. Une véritable tragédie causée par des légendes qui passent pour des paroles d’évangile en Asie : selon les médecines ancestrales locales, les cornes de rhinocéros amélioreraient la longévité, guériraient le cancer ou autre incapacités, … Quand bien même cet appendice kératineux n’est pas proposé comme potion magique, il est prisé pour ses qualités ornementales.

Résultat : actuellement, les cornes peuvent se négocier entre 30 000 et 300 000 dollars. Ainsi, l’appât du gain semble avoir poussé les trafiquants à traverser  la méditerranée. En quelques mois, une vingtaine de vols de cornes de rhinocéros ont eu lieu dans des musées de divers pays européens : Allemagne, République Tchèque, Suède, Portugal et France. Dans ce dernier pays, « au moins une dizaine de cas » ont été signalés cette année, selon le Colonel Stéphane Gauffeny de l’Office Centrale de Lutte contre les Biens Culturels (OCBC). D’après la même source, les investigations menées à la suite de ces constats ont abouti à la conclusion qu’il s’agit de faits de « professionnels très bien organisés ». Similitudes avec des techniques employées sur le continent noir ? Peut-être. Car, les braconniers des rhinocéros en Afrique ne font pas dans la dentelle : armes automatiques, GPS, hélicoptères peuvent faire partie de leur arsenal. Du triste professionnalisme.

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