La mort de Kadhafi interpelle

L’organisation non gouvernementale ‘’Human Rights Watch’’ a publié hier mercredi un rapport de 50 pages intitulé « Mort d’un dictateur : Vengeance sanglante à Syrte ». Elle y soutient la thèse d’un assassinat délibéré de l’ancien guide libyen par des miliciens rebelles le 20 octobre dernier à Syrte, ce qui contredit la version officielle d’une mort dans des échanges de tir.

Human Rights Watch base ses allégations sur de nouvelles preuves. Elle est parvenue à se procurer des vidéos clips tournés à partir de téléphones portables par des combattants anti-Kadhafi. Ces derniers y sont montrés en train de maltraiter et d’insulter un grand groupe de membres du convoi dans lequel Mouammar Kadhafi se trouvait. Le recoupement de ces vidéos avec des photos de la morgue dans les hôpitaux indique qu’au moins 17 des détenus précédemment filmés ont été exécutés. Cette théorie est corroborée par des témoignages recueillis auprès des officiers au sein des milices rebelles présents sur place au moment des faits et des survivants de l’attaque du convoi encore détenus ou libérés. Sur le sort du Colonel Kadhafi, l’organisation de défense des droits de l’homme confronte deux vidéos. La première où l’on voit le dictateur capturé vivant mais saignant d’une blessure à la tête et une autre dans laquelle il apparait sans vie avec de forts saignements, ce qui indique qu’il aurait entre-temps été violemment battu. Il en est de même pour Moatassem Kadhafi, le fils du colonel capturé et tué en même temps que lui, sur qui des blessures sont également apparues entre 2 vidéos.

Pour Human Rights Watch, au moins 66 membres du convoi de Kadhafi ont été exécutés près de l’hôtel Mahari alors qu’ils étaient prisonniers après avoir été désarmés. 65 à 70 corps, dont plusieurs avec une balle dans la tête, avaient d’ailleurs été découverts par un journaliste étranger près dudit hôtel. L’ONG affirme avoir remis aux autorités libyennes ses conclusions aussitôt après les meurtres mais ses demandes répétées d’enquêtes seraient restées lettre morte.

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