Le Qatar force un accord climatique

Les discussions de Doha sur la lutte contre le changement climatique se sont soldées samedi par  un accord, annoncé par la présidence qatarie. Cet aboutissement, assez brusque après des débats houleux, n’a pas satisfait tous les participants.

Les négociations climatiques au niveau mondial ont une mauvaise réputation : elles se finissent rarement sur un terrain d’entente. Celles du Qatar n’ont pas constitué l’exception à cette règle que tout le monde attendait. Alors que les débats tiraient en longueur – les participants avaient dû continuer les travaux, qui avaient commencé depuis le 26 novembre dernier, durant une journée supplémentaire -, le Premier ministre qatari a annoncé, de manière très diligente, l’adoption d’une série de textes. Ceux-ci portaient essentiellement sur l’acte II du protocole de Kyoto, qui engage l’Union Européenne, l’Australie et une dizaine d’autres pays industrialisés à diminuer, d’ici 2020, leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). La totalité de ces éjections ne correspondent qu’à 15 % des émissions de GES sur la planète. Ne se reconnaissant pas dans l’intégralité de cet accord, la Russie a immédiatement dénoncé un passage en force tandis que les Etats-Unis ont indiqué « ne pas accepter » certaines dispositions des textes considérés comme adoptés.

En outre, la question de « l’air chaud » a posé problème : il s’agit du surplus de quotas d’émissions de GES prévu par le protocole de Kyoto. Cette réserve de 13 milliards de tonnes équivalent de gaz carbonique est détenue principalement par la Russie, l’Ukraine et la Pologne. Certains pays se sont préoccupés de l’utilisation de cet air chaud, non annulé par le texte annoncé comme adopté : si ce quota est vendu aux principaux pollueurs, cela entravera la bonne mise en œuvre de Kyoto 2. Du coup, quelques délégations à l’instar de celles du Japon, de la Suisse et de Monaco se sont engagées en pleine séance à ne pas procéder à de telles opérations afin de respecter le nouveau protocole.

A propos de Fitzpatrick Georges 1374 Articles

Georges Fitzpatrick a été analyste financier, puis journaliste spécialisé dans les marchés émergents pendant plus de 20 ans, il a officié à Wall Street dans plusieurs banques d’affaires de la place New Yorkaise

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