Fukushima : la crise du nucléaire et l’espoir des énergies renouvelables

L’accident nucléaire dans la centrale japonaise de Fukushima a provoqué un débat sans précédent sur l’avenir de l’énergie nucléaire. L’alerte est sérieuse et la centrale endommagée par le tremblement de terre et le tsunami du 11 mars continue de se fissurer. L’eau rejetée dans l’océan pacifique est dangereusement radioactive et son impact sur les écosystèmes est certain, même si les spécialistes demeurent réservés sur son degré de nocivité.

Face à ce coup de semonce, le deuxième en l’espace d’un quart de siècle après la catastrophe de Tchernobyl en 1986, le monde industrialisé commence à s’interroger. L’énergie nucléaire est de plus en plus décriée en faveur des énergies alternatives, le solaire et l’éolien notamment. Le mot « sortie du nucléaire » est ainsi devenu d’actualité en Europe. En Allemagne, en France, en Grande Bretagne et ailleurs en Europe, les mouvements écologistes exigent d’abandonner progressivement le « tout nucléaire ». Sous la pression de l’opinion publique, les responsables politiques font des concessions. L’Allemagne décide de condamner ses réacteurs les plus âgés. La Grande Bretagne reporte les autorisations de conception de la nouvelle génération de réacteurs nucléaires du pays, les États-Unis sont circonspects.

Cependant, l’abandon du nucléaire par des pays qui en sont fortement dépendants, n’est pas chose aisée. L’augmentation constante des coûts de l’énergie classique est un obstacle évident, d’autant que l’approvisionnement en pétrole et en gaz commence à montrer ses limites en termes de coûts et de risques géopolitiques. De surcroît, les défenseurs de l’option nucléaire ont à leur avantage une mobilisation internationale sans précédent pour réduire les émissions de gaz d’origine fossile, cause du changement climatique planétaire. Le Protocole de Kyoto impose aux pays industrialisés des réductions chiffrées des émissions de gaz à effet de serre jusqu’en 2012, à l’exception des Etats-Unis qui ne l’ont pas ratifié. L’engouement pour le nucléaire peut être observé à travers les chiffres avancés par l’Agence Internationale de l’Energie Atomique. L’AIEA a ainsi indiqué que plus de 60 Etats membres l’ont avisé jusqu’à fin 2010, qu’ils programmaient de nouveaux projets nucléaires, alors que la trentaine de pays qui en disposent déjà comptaient les développer.

Mais d’un autre côté, les opinions publiques des pays nucléaires commencent à se mobiliser. L’accident de la centrale japonaise a provoqué un choc qui marquera durablement les esprits. Il y aura dorénavant un avant et un après Fukushima. Les gens commencent à considérer que les risques du nucléaire sont énormes, incalculables en cas d’accident. Des voix s’élèvent même pour demander un référendum européen sur la sortie du nucléaire. Surtout que Tchernobyl et Fukushima ont montré que les accidents nucléaires peuvent avoir des conséquences imprévisibles bien au-delà des frontières nationales du pays concerné.

Cette nouvelle tendance des opinions publiques arrive comme du pain béni pour les écologistes et autres défenseurs de la nature. Pour ces derniers, les contrôle de la sûreté des centrales nucléaires deviendront plus exigeants et donc plus coûteux, ce qui impactera nécessairement à la hausse le coût de l’électricité d’origine nucléaire. D’où la nécessité de creuser davantage la piste des énergies renouvelables durables. Ils concèdent que les énergies éolienne, photovoltaïque et thermodynamique sont encore coûteuses. Mais comme toute nouvelle technologie, leurs coûts diminueront à mesure du développement technique et des changements de mentalité.

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