Syrie : une proposition russe pour éviter l’intervention étrangère

dv-1905223-jpg_1708556La Russie a créé hier la surprise en proposant de mettre les armes chimiques de la Syrie sous contrôle international. Cette proposition reçue globalement plutôt favorablement par les différentes parties impliquées dans le conflit syrien annonce pourtant des difficultés de taille pour son application.

Seule l’opposition syrienne a dénoncé l’offre qu’elle considère comme une tentative pour gagner du temps. Les Nations unies, Damas, la Chine et l’autre principal soutien du régime de Bachar al-Assad, la République islamique d’Iran, se sont montrés très favorables au projet russe tout en précisant qu’il devrait également s’appliquer aux rebelles. Même les Etats-Unis et la France, les principaux partisans de frappes sur la Syrie ont reconnu le bien-fondé de la proposition russe mais demeurent très réservés tant son application s’annonce ardue. Les stocks d’armes chimiques de la Syrie, qui n’a pas ratifié la Convention sur l’interdiction de la fabrication et du stockage des armes chimiques entrée en vigueur en 1997, sont estimés à plus de 1 000 tonnes. Ils comprendraient du gaz sarin, du gaz moutarde et du VX, un gaz innervant. Ces armes seraient répartis dans des dizaines d’endroits différents, les Etats-Unis ayant observé depuis l’an dernier leurs déplacements. Les spécialistes de la question estiment qu’il faudrait des mois pour localiser et sécuriser les armes chimiques syriennes et des années pour les détruire. Sans compter que le contexte de guerre civile n’aide pas à garantir la sécurité des inspecteurs qui seront chargés de cette mission.

Dans quelques heures à peine, le président américain Barak Obama s’adressera à la nation pour convaincre les élus ainsi que l’opinion publique sur la nécessité d’intervenir en Syrie.  Il considère que le régime de Bachar al-Assad a accepté l’offre russe à cause de la pression que faisait peser sur lui les menaces de frappes.

A propos de Fitzpatrick 1333 Articles
Georges Fitzpatrick a été analyste financier, puis journaliste spécialisé dans les marchés émergents pendant plus de 20 ans, il a officié à Wall Street dans plusieurs banques d’affaires de la place New Yorkaise

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