Cameroun – Union Européenne : Le torchon brûle

Tout a commencé le 11 avril dernier lorsqu’un évènement culturel majeur au Cameroun a été simplement interdit. Le lendemain de cette date devait s’ouvrir le Festival de Films des Droits de l’Homme, financé à hauteur de 42 millions de FCFA (90.000 dollars) par l’Union Européenne, pour se refermer le 20 avril suivant. Au courant de cette semaine devaient être présentés des documentaires reliés à la thématique, projections qui se seraient suivies de discussions animées par les réalisateurs des films, des membres de la société civile camerounaise ou des activistes des droits humains. Pour se justifier, le gouvernement camerounais a estimé que certains films relatant des faits révolutionnaires  à l’instar de « Le destin fatal de Norbert Zongo » en mémoire du journaliste burkinabé disparu dans des circonstances troubles ou « Thomas Sankara », auraient pu causer des soulèvements. En plus, selon la même partie, les promoteurs n’auraient pas respecté les normes juridiques préalables à la tenue du festival. Ce que ceux-ci ont démenti, affirmant que toutes les autorisations requises avaient déjà été décrochées. D’ailleurs, ils en ont profité pour réagir en ces termes : «  L’Union européenne regrette cette décision, qui a empêché la tenue d’une manifestation dont l’importance aurait pu rayonner en terme culturel dans le pays… et formule le vœu qu’à l’avenir, un débat libre et ouvert sur les droits de l’Homme reste assuré au Cameroun ». Un missile envers l’administration camerounaise. Le Cameroun n’est pas à son premier coup d’éclat dans ses rapports diplomatiques avec l’Europe. Il y a à peine 4 mois, ce pays avait reproché à son partenaire de financer des associations défendant la cause des minorités sexuelles estimant que les camerounais ne peuvent pas tolérer cela. Ce qui a été mal compris de l’autre côté de la méditerranée. Avec cette nouvelle affaire, tout pousse à croire que l’avenir ne sera pas rose.

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