Syrie : La position française sur la destination finale des armes suscite des interrogations

L’Union Européenne impose un embargo strict sur les livraisons d’armes à la Syrie en raison de la situation dans le pays et de l’utilisation fréquente de la violence à l’encontre des populations civiles. Pourtant, la France continue à vendre du matériel militaire à la Russie qui, elle, poursuit ses livraisons d’armes à la Syrie. Selon l’ONG Avaaz, les armes livrées par la Russie à la Syrie ont totalisé en 2011 un montant supérieur à 960 millions de dollars.

La firme russe Rosoboronexport est le principal fournisseur d’armes de la Syrie. L’entreprise vient de passer un contrat avec le groupe français d’électronique de défense Thalès. Ce contrat, qui a été rendu officiel, porte sur la vente de caméras thermiques à monter sur des chars russes. Capables de distinguer des êtres vivants en pleine nuit grâce à la chaleur qu’ils dégagent, elles peuvent être montées sur des chars de type T-90 et T-72, l’armée syrienne étant déjà en possession du dernier modèle cité. L’Etat français est directement critiqué puisqu’en tant qu’actionnaire de Thalès, il doit donner son aval à toute vente d’armes ou d’équipements selon la législation européenne. Il avance comme contre-argument qu’il a été spécifié dans le contrat avec la firme russe que ce matériel ne pourra pas être exporté de Russie sans l’autorisation des autorités françaises.

Or des précédents existent. Des lance-missile Milan fournis par la France au Qatar ont déjà été réexportés par le petit émirat pétrolier, sans autorisation française, vers Benghazi, en Libye. La presse française affirme que cela ne saurait tarder dans le cas de la Russie vers la Syrie. Celle-ci posséderait déjà des hélicoptères Gazelle françaises aperçus en exercice de l’armée syrienne dans les années 1980.

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