La Russie face au risque de combats confessionnels

Contre vents-et-marées, la Russie maintient son soutien à la Syrie de Bachar al-Assad. Parmi ses raisons pour se justifier figure la propagation de l’islamisme radical prôné par certaines factions de la rébellion syrienne. Mais cette crainte pourrait la rattraper avec des attaques terroristes commises récemment contre sa population musulmane, ce qui pourrait avoir de sérieuses répercussions sur l’ensemble du pays.

L’on oublie souvent qu’avec plus de 20 millions de fidèles sur son sol, la Russie est le premier pays musulman d’Europe. Le pays a mis un point d’honneur à promouvoir un islam tatar, européen et tolérant à l’image de l’inauguration de la mosquée Kul-Sharif, à côté d’une église orthodoxe, dans le kremlin de Kazan. Les efforts russes sur près de deux décennies ont été compromis le 19 juillet dernier après les attentats à Kazan contre deux figures de cet islam tolérant revendiqués par un groupuscule armé islamiste. Le mufti Ildus Faizov a été hospitalisé suite à un attentat à la voiture piégée et son adjoint Valiulla Yakupov a été tué par balles devant son domicile. Les autorités russes prennent ces attaques dans la région Volga-Oural, qui compte 5 millions de sunnites, très au sérieux. Une explosion de tensions confessionnelles serait tragique pour la Russie, et par extension pour l’ensemble de l’Europe. Principalement en raison de la proximité de cette région avec la Sibérie pétrolifère. De telles tensions affecteraient le travail de production puisque les ingénieurs pétroliers et les foreurs des riches villes pétrolifères de Sibérie occidentale sont issus des différentes communautés musulmanes.

Des rumeurs font état d’un soutien saoudien à des organisations clandestines, notamment dans le Caucase du Nord. L’Arabie saoudite pourrait bien avoir intérêt à un affaiblissement de la production du deuxième exportateur mondial de pétrole. Reste à savoir si elle encourrait une déstabilisation de la région dans ce but.

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Georges Fitzpatrick a été analyste financier, puis journaliste spécialisé dans les marchés émergents pendant plus de 20 ans, il a officié à Wall Street dans plusieurs banques d’affaires de la place New Yorkaise

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